En danger de disparition

ctuellement, les croix de chemin ne sont plus considérées avec le même respect qu'auparavant. Pour la majorité, elles ne représentent plus rien: certains ne sont même pas au courant de leur existence. On en vient même à les mutiler. Ainsi, il y a quelques années, des chasseurs simples d'esprit se sont idiotement amusés à tirer à coup de fusil sur l'une d'entre elles. Les croix mutilées par des vandales ne se comptent plus: le retable du Kreuzweg de Zoufftgen s'est vu sauvagement amputé des têtes de St Jean et de la Vierge ainsi que des jambes du Christ. Les exemples ne manquent pas. Des insouciants prélèvent même des parties de croix pour en faire des matériaux de construction!

Mais ce sont surtout les vols qui affectent le plus ce genre de monuments. Depuis bien longtemps, les statues mobiles des bildstocks les plus anciens ont disparu, proie des collectionneurs sans pitié. On ne compte plus les bildstocks qui se sont vus à la fois dépourvus de leurs saints mobiles auquel ils étaient voués et à la fois de leur croisillon, et qui sont alors devenus des constructions sans âme. Pire encore, au cours des siècles derniers, de nombreuses croix de chemin ont été volées en partie ou en totalité. Le calvaire du Herrenberg de Beyren se voyait autrefois coiffé d'un superbe groupe de calvaire que l'on voyait depuis la route de Mondorff, mais le croisillon entier a été volé pour ne laisser place qu'à un moignon insignifiant. Non loin de là, le retable auf dem Brühl, placé en plein champ représentait une scène de la crucifixion admirablement représentée par Greef. Il ne subsiste aujourd'hui du monument que le fût qui est même tombé par la suite.

Les croix sont même quelquefois détruites sans hésitation. Cela se rencontre le plus lors de la construction de maisons ou de routes. Ainsi, parmi tant d'autres, le retable du Keybourg de Kanfen, placé au bord de la route menant à l'église, s'est vu renversé avec mépris lors de l'agrandissement de la route vers Volmerange. Il se trouverait conservé dans la cave de la mairie. La circulation met également en péril ces édifices fragiles. Les camions font partie de leurs pires prédateurs. Ainsi, de plus en plus, on les déplace pour éviter des collisions. Les croix implantées initialement en plein champ ont également été souvent déplacées pour des impératifs agricoles ou d'aménagement du territoire.

Le temps et les conditions météorologiques mettent également en danger la conservation de celle-ci. Le retable du Laannoaard de Rodemack a été renversé par les inondations du 1er mai 1998 et brisé en plusieurs morceaux. L'érosion et les intempéries abîment les matériaux et la représentation de ces croix est mise à mal.

Heureusement, de plus en plus, on fait des efforts pour les entretenir et les rénovations sont de plus en plus nombreuses: les mairies prennent peu à peu conscience de leur intérêt pour leur patrimoine et des associations se mobilisent, en faisant parfois appel à des sculpteurs compétents afin de remettre en valeur les croix de chemin.

On remarque donc que les croix sont des monuments fragiles, chacunes étant unique et irremplaçable, et le tout formant une unité par la puissance de la foi qui en émane.

 

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